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Afrique du Sud : La police massacre des grévistes

26/08/2012 07:00

 

"Sur le site de la mine de platine de Marikana, en Afrique du Sud, la police est omniprésente ce lundi. Après avoir abattu 34 grévistes à l’arme automatique, les forces de l’ordre encadrent le progressif retour au travail des mineurs, menacés de licenciement.

 

Les salariés arrivent peu à peu et actuellement le taux de présence s'établit à 27%. Mais c'est difficile de savoir si les grévistes sont vraiment revenus", a déclaré un porte-parole de l'exploitant de la mine, Lonmin. La direction avait prévenu samedi que les grévistes qui ne se présenteraient pas lundi seraient licenciés, mais a repoussé à mardi son ultimatum. "Après des consultations avec plusieurs représentants syndicaux aujourd'hui (lundi), l'entreprise peut annoncer que les mineurs en grève illégale qui n'ont pas repris le travail ce matin ne seront pas licenciés, et qu'il leur a été accordé un jour de plus, à la lumière des circonstances actuelles" a expliqué le porte parole de la direction.

 

Massacre contre légitime défense :

 

Et les circonstances en question sont dramatiques. 34 des 3000 ouvriers grévistes ont trouvé la mort jeudi lorsque la police a fait usage d'armes automatiques contre des mineurs armés de machettes et barres de fer. 78 autres ont été gravement blessés et 10 de plus avaient déjà trouvé la mort plus tôt dans la semaine. Si la police explique timidement que les forces de l’ordre ont du se protéger, le bilan fait plutôt penser à un massacre. Ce weekend encore, plusieurs centaines de grévistes se rassemblaient dans le calme à quelques mètres du carnage. Le mouvement de grève se fonde sur une rivalité syndicale. Les mineurs qui réclament des hausses de salaire, appartiennent à l'Association du syndicat des mineurs et des ouvriers du bâtiment, un mouvement récent qui se pose en concurrent du NUM, syndicat majoritaire en Afrique du Sud et lié à l'ANC.

 

Le président Jacob Zuma a annoncé très tôt l’ouverture d’une enquête officielle. Plus de 250 personnes ont commencé lundi à comparaître devant un tribunal des environs de la mine pour répondre de chefs d'inculpation tels que meurtre, tentative de meurtre et voies de fait."

 

 

Le PCF exprime son indignation et son horreur devant le massacre de mineurs grévistes :

 

"Le massacre de 34 mineurs grévistes par la police en Afrique du Sud suscite une profonde émotion. Le Parti communiste français exprime son indignation et son horreur devant une telle violence contre des salariés vivant dans la misère et revendiquant pour leurs salaires et leurs conditions de travail. Le Président sud-africain, Jacob Zuma, a lui même souligné l'incompréhension suscité par une telle répression. "Nous sommes choqués et consternés par cette violence insensée", a t'il dit en annonçant une commission d'enquête.

Une tragédie meurtrière de cette nature, le peuple sud-africain qui a connu la terreur de l'Apartheid, ne devrait plus en connaître. Le PCF réaffirme sa solidarité avec l'ensemble des forces politiques et syndicales d'Afrique du Sud dans leur lutte pour réduire les inégalités, pour le progrès et la justice sociales dans un véritable Etat de droit."

 

Parti Communiste Français

 

 

Texte et photo : http://www.humanite.fr/monde/afrique-du-sud-apres-la-mort-de-34-grevistes-des-mineurs-reprennent-le-travail-sous-la-menace-