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Cuba : Guerre médiatique contre le pays

12/12/2012 07:00

 

Une propagande anti-cuba ?

 

Il est coutume d'entendre parler de dictature, d'atteinte à la liberté d'expression, de totalitarisme et d'autoritarisme, dès lors que l'on évoque ce pays socialiste découvert par Christophe Colomb, le 27 octobre 1492. Cuba fut le coeur des Révolutions d'Amérique Latine, depuis sa première guerre d'indépendance en 1868 jusqu'au renversement du général Fulgencio Batista, le 1er janvier 1959 où Fidel Castro pris le pouvoir pour instaurer progressivement un régime socialiste (rien à voir avec le Parti Socialiste français).

 

Depuis Fidel Castro, (au pouvoir depuis 1959, mais chef de l'Etat de 1976 à 2008), l'opinion internationale ne cesse de qualifier son gouvernement de dictature semblant oublier ce qu'était le pays avant son arrivée et sous l'emprise impériale des Etats-Unis d'Amérique. L'orientation politique clairement définit contre le capitalisme qui agresse le pays et répand la misère partout où il passe, est fièrement défendue par le peuple lui-même qui n'hésite pas à faire preuve de résistance et revendiquer leur légitime indépendance. Qu'en est-il réellement ?

 

La dictature de Batista et la Révolution Cubaine :

 

Batista est arrivé au pouvoir par un coup d'état en 1952. Il est alors soutenu par Washington et aidé par l'armée nationaliste de Cuba. Ce sera le début d'une période de déchéance totale, un abandon du peuple et une exploitation des ressources du pays par l'Amérique du Nord qui le soutien pleinement. Sous la dictature de Bastista, le pays sombre dans la prostitution et devient un véritable "bordel" pour streap-teaseuse (entre autres), attirant dès lors une faune touristique en manque "d'exotisme". La bourgeoisie s'en donne à coeur-joie... De nombreux casinos ouvrent sous la protection dangereuse des mafias américaines et la violence s'installe peu à peu jusqu'à creuser les inégalités au sein de la population. La répression militaire est de mise dans le pays et de nombreux mouvements de résistance se font réprimer au point de répandre le sang par la torture et la mutilation...

 

De ce régime militaire dictatorial, naît la Révolution Cubaine. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro à la tête d'un groupe Cubain, assiège la Caserne Moncada à Santiago de Cuba mais échoue en se faisant incarcérer dans la prison de l'ïle des Pins où il sera amnistié sous la pression populaire pour aller s'exiler au Mexique. Suite à l'échec de l'attaque de la Caserne de Moncada, Fidel Castro décide de créer le M-26 (Mouvement du 26 juillet) et avec son frêre Raul Castro et Ernesto Guevara (dit "el Che"), ainsi que d'autres guerilleros s'embarquent alors à bord du bâteau Gramna au départ du Mexique et jusqu'aux rives sud-est du pays (le 2 décembre 1956 jusqu'à la Sierre Maestra), pour tenter de renverser ce gouvernement qui réduit le peuple cubain à une misère insupportable, et ainsi retrouver l'indépendance. La "guerilla" est en route et peu à peu, soutenue par la population locale, ils parviennent enfin (le 1 janvier 1959) à faire partir le dictateur Batista qui s'enfuit alors en République Dominicaine...

 

Ce combat est celui d'une douzaine d'hommes survivants de l'attaque orchestrée par l'armée de Batista lors de leur débarquement. Ernesto Guevara (el Che) alors médecin décide de prendre les armes et de diriger l'expédition de la guerrilla, qui prendra l'initiative de rassembler les paysans locaux qui soutiennent son combat. Il en profite pour apporter son aide médicale aux villages isolés, mais également pour apprendre aux nouvelles recrues à lire et à écrire. Ensemble ils vont permettrent peu à peu, malgré les conditions difficiles et le climat peu hospitalier, de vaincre la dictature de Batista. En 1959, Fidel Castro devient alors le chef du gouvernement cubain. 

 

Le régime socialiste de Castro :

 

Il est important de savoir qu'avant l'arrivée de Fidel Castro, le pays comptait près de la moitié de sa population d'analphabètes (24% en moyenne nationale), les terres aux mains des américains (44% leur appartenait) ne pouvaient plus être travaillées par les paysans locaux qui ne pouvaientt alors plus nourrir leurs familles. Le chômage (près de 650 000 chômeurs) important durcissait la vie quotidienne d'une population surexploitée et menaçée par l'implantation générale d'entreprises américaines. La corruption était généralisée et le racisme bien présent. La population cubaine installée dans la misère, n'avait plus les moyens de se faire soigner ni même d'envoyer leurs enfants à l'école. L'insécurité répandue donnait un taux de criminalité important tandis le pays s'engouffrait peu à peu dans le modèle américain...

 

Fidel Castro a permis, par sa Révolution Cubaine, de redonner l'espoir aux peuples d'Amérique Latine. Il permit notamment de réduire à environ 4% le taux d'analphabète, en proclamant l'école obligatoire et gratuite pour tous (y compris les fournitures scolaires) et en construisant plus de 10 000 écoles rurales à travers tout le pays. Il permit également l'accès aux soins pour tous, en instaurant la gratuité des médicaments, si bien qu'aujourd'hui Cuba est l'un des pays au monde les mieux équipés sur le plan de la santé. Il donne la possibilité à la population cubaine de pouvoir se loger décemment en baissant de près de 40% les loyers. Le partage des richesses fait partie de sa politique, souhaitant instaurer une "ligne éthique" en fermant toutes les maisons de jeu et redonnant des droits aux femmes par le principe d'égalité hommes/femmes. Enfin, le racisme prit fin sous sa gouvernance à l'instar de la criminalité quasiment nulle aujourd'hui. Sans oublier non plus, les nationalisations des plantations de sucres et de tabac, permettant alors de reprendre ce que les Etats-Unis avait volé au peuple cubain...

 

La réforme agraire du 17 mai 1959, défend l'idée que "la terre appartient désormais à ceux qui la travaille". Ainsi, Fidel Castro nommé président de l'INRA (Institut National de la Réforme Agraire), et Ernesto Guevara premier ministre de l'industrie (le 23 janvier 1961), vont permettre de collectiviser les terres et de diversifier les cultures, construire des routes et des ponts dans les villages isolés, permettre un système de crédit pour les paysans, nationaliser les entreprises (ce qui relancera l'industrie du pays), etc... Ceci dans le but de parvenir peu à peu à faire en sorte que le pays retrouve son indépendance sur le plan de l'agriculture et de l'industrie et ainsi contrer sa dépendance économique au sucre. Malheureusement, l'industrie s'effondre peu à peu du fait de l'incapactité à garantir des prêts à long terme par les banques ayant été nationalisées, alors même que l'Amérique tente de rompre tous liens commerciaux et diplomatiques avec le pays. C'est le début de l'embargo (le 07 février 1962).

 

Cuba subit alors un véritable isolement économique (au total, une perte de quelques centaines de millards de dollars), ce qui empêche son développement malgrè les aides financières de l'Union Soviétique à cette époque. Suite à la chute du mur de Berlin, la Russie ne peut plus assurer son soutien au pays et les relations entre Cuba et les Etats-Unis sont tendues au point qu'à l'arrivée de Nixon à la présidence de 1969, ce dernier demande à la CIA de renverser le régime castriste par différents moyens (armes biologiques, invasions militaires, tentatives d'assassinat, etc...). Les conséquences de ces multiples offensives, ayant toutes échouées, ont conduit à la mort de milliers de cubains. Toutefois, le pays ne se décourage pas et continue tant bien que mal d'instaurer un socialisme cubain, dans l'intérêt du peuple.

 

Le pays retrouve sa liberté ?

 

Le constat est flagrant, Cuba a retrouvé son indépendance et les conditions sociales sont meilleures depuis l'arrivée de Fidel Castro. Le peuple cubain peut se nourrir, se loger, se soigner et une véritable lutte contre les disciminations est en place. Ce qui n'était pas le cas sous la domination de Batista. Par ailleurs il est à noter (contrairement à l'idée bien trop répandue) que Cuba ne réprime pas plus la liberté de la presse que cette dernière ne l'est aujourd'hui en Europe par exemple, dominée par des puissants groupes financiers et manipulée par les politiques tenanciers de la pensée-unique. Aussi, pointer du doigt ce pays en le considérant comme une dictature est preuve d'une belle hypocrysie, d'une mauvaise foi et d'un manque flagrant d'informations sérieuses. 

 

Pourquoi s'acharnent-on sur Cuba, alors même que nous sommes en France les premiers à ne pas respecter les droits de l'Homme et à être manipulés par nos médias ? Pourquoi ne pas remarquer avant tout la domination américaine et son désir impérialiste de gouverner le monde pour y répandre un capitalisme destructeur ? Pourquoi, s'insurge-t-on sur le parti unique de Cuba qui a permis l'indépendance du pays, et sans lequel, il serait toujours sous la domination des Etats-Unis ? Pourquoi leur faisons-nous le reproche de vouloir conserver leur souveraineté nationale ? Un parti unique ne veut pas dire pour autant qu'il n'y ait pas de plurialisme, puisqu'en réalité le pays dénombre de multiples mouvements différents riches d'une grande diversité d'opinion. L'idée étant de préserver l'unité nationale, c'est à dire rester souverain.

 

L'hégémonie des Etats-Unis, participe activement à déteriorer l'image de Cuba en le faisant passer pour un pays dictatorial et mettant en danger les droits de l'homme. Mais qu'en est-il de cette Amérique du Nord qui n'a toujours pas aboli la peine de mort dans tous ses Etats ? Qui laisse en libre circulation des armes régulièrement utilisées contre sa population ? Qui maintient ses prisons de tortures comme celle de Guantanamo ? Qui n'ont de cesse d'intervenir militairement dans certains pays où il savent pouvoir en exploiter les ressources (le pétrole notamment, mais aussi l'uranium...) ? Qui multiplient les coups d'états, notamment en Amérique Latine (voir le Paraguay en 2012 et Honduras en 2009) ? Qui dénombre une multitude de faits racistes en son pays ? Qui plonge sa propre population dans une misère sociale déplorable ? Qui intervient militairement, au sein de la funeste organisation nommée OTAN, en Afganistan, en Irak, etc... et ainsi cause des massacres innombrables au sein de la population civile ? Allons... la liste serait trop longue, je cesse donc ! 

 

Avant de pointer du doigt les soit-disant problèmes de son voisin, il serait peut-être judicieux de regarder avant tout les siens. L'on se rend-compte alors que l'hypocrysie et la manipulation médiatique est bien présente et constitue un danger pour nos démocraties. La population de Cuba trouve son équilibre à sa manière et ne demande qu'à être souveraine en son propre pays, sans être sous la domination des impérialistes de ce monde. Cuba est en cela, en sa politique intérieure, un exemple en matière de lutte contre le capitalisme. Le socialisme qui s'y trouve, garantit le pouvoir d'achat de la population cubaine et lui permet de mieux vivre, plus sereinement. Cessons de croire tout ce que nous déversent les médias de masse et considérons les faits, non tels que peuvent l'imaginer les puissants de ce monde mais tel qu'ils reflètent la réalité de la vie quotidienne de la population cubaine... Et conservons à l'esprit, qu'aucun pays n'est parfait !

 

Cyprien J.

 

 

Illustration : http://www.humanite.fr/

Plus d'infos : http://www.cuba-linda.com - http://www.granma.cu/