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Interdiction des Licenciements Boursiers

21/07/2012 07:00

 

Quel est le constat :

 

Pendant que des actionnaires se gavent de dividendes importants, fruit des résultats d'entreprises réalisant de très bons chiffres d'affaires, certains dirigeants n'hésitent pas à licencier du personnel pour économiser sur les salaires et ainsi permettre une meilleure rentabilité au sein même de l'entreprise. Ainsi, nous observons régulièrement des infractions à la loi (article L. 321-1 de l'ancien code du travail, loi n°89-549 du 2 Août 1989, pris pour référence à la loi en vigueur de l'article L1233-3 du code du travail) qui stipule que l'on peut avoir recours aux licenciements en cas de difficulté économique ("motif économique"). C'est bien ce que la direction de PSA, par exemple, a voulu faire croire à ses salariés pour ainsi justifier un plan dit "social" provoquant la perte d'emploi de plus de 8000 personnes sur le site de PSA-Aulnay et Rennes. Et les exemples ne manquent pas : Lu-Dadone, Air France, Carrefour, Fralib, ArcellorMittal, SeaFrance, FNAC, etc... Un mépris total envers la masse salariale qui produit la richesse de notre pays !

 

Aussi, une entreprise ne peut licencier seulement si son chiffre d'affaire est en baisse, si elle subit des pertes, si ses besoins technologiques de peuvent plus être assurés du fait d'une mutation indispensable à ses coûts de production, mais également s'il est besoin qu'elle assure sa "compétitivité sur le marché. Or, même s'il est stipulé qu'il n'est pas possible de licencier pour favoriser la rentabilité d'une entreprise, l'on sait bien que le modèle capitaliste s'appuie justement sur cette "compétitivité" pour faire baisser le "coût du travail" et ainsi... être rentable ! Puisque selon certains économistes, dévots du libéralisme absurde, le problème dans l'économie Française serait justement ce "coût du travail", qui selon eux, plomberait la "compétitivité" des entreprises... !!! C'est jouer sur les mots pour ces amateurs de la course aux profits !

 

Tant que nous n'agirons pas radicalement pour faire cesser ces abus, les patrons-voyous continueront à licencier sans vergogne des milliers de salariés qui n'auront pas tous l'opportunité d'être re-placés ailleurs. Le taux de chômage continuera d'augmenter, l'industrie en France ira de plus en plus mal, les inégalités se creuseront d'avantage et la misère sociale sera générale. Ajouter à cela un faible pouvoir d'achat et une inflation toujours grandissante, c'est comme cela qu'un pays entre en recession sur sa croissance économique et qu'il ne peut dès lors plus répondre aux besoins réels de son peuple à qui l'on continue malgrè tout de demander de toujours d'avantage se serrer la ceinture, de faire des efforts pour répondre à cette politique honteuse d'austérité !

 

Que propose le Front de Gauche :

 

Au Front de Gauche, nous pensons que le "coût du travail" n'est pas un problème, à l'inverse de la "compétitivité" qui détruit les talents par son abjecte politique de la course aux profits. Cette compétitivité demande sans cesse d'être toujours plus rapide tout en étant toujours plus efficace, afin de rentabiliser la production de manière exponentielle sur le marché du travail où la concurrence "libre et non faussée" est encouragée malheureusement par le modèle libéral. Il en résulte pour l'employé, des conditions de travail inacceptables.

 

Nous demandons une loi contre les licenciements boursiers pour en finir avec les intérêts financiers à court terme qui mettent en péril l'avenir de l'industrie en France, sous le seul prétexte de recherche d'une meilleure rentabilité pour l'entreprise au sein d'un marché mondial qui demande de rester compétitif. Ainsi lorsqu'une entreprise réalise des bénéfices, que sa production reste de qualité, qu'il y a de la demande sur le marché, etc... alors il n'y a aucune raison d'engager un plan de licenciement qui provoquerait dès lors des conséquences déstastreuses sur le plan économique et social. Il est par ailleurs, parfaitement injuste que seuls les actionnaires au sein d'une entreprise puissent bénéficier des dividendes importants alors même qu'aucun avantage n'est laissé aux salariés pourtant seuls responsables des profils engendrés par les moyens de production dont ils détiennent la clef. 

 

Cyprien J.

 

 

Dessin "La Bourse ou la Vie" : http://pcf.fr