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Le Bonheur Intérieur Brut

29/05/2012 07:00

 

Quel est le constat ?

 

Dans une société comme la nôtre, où chacun s'essaye à la gymnastique de la "rentabilité" pour ne pas être remplaçé par un autre, souffrant du syndrôme de la course au profil, il est demandé de toujours faire plus encore. Pour notre "bonheur" nous dit-on... Les courbes de la croissance tentent de nous montrer qu'il s'agit d'user d'efficacité, de rapidité, d'excellence, et cela même en ayant à l'esprit l'ambition d'accéder à un statut social digne d'être reconnu et envié. L'on ne regarde alors plus son voisin comme un allié susceptible de nous aider, mais comme un "concurrent" auquel il s'agit de prendre la place ou de passer devant pour un prestige illusoire, mais tellement convoité...

 

Le modèle productiviste que l'on nous propose s'appuie sur une politique de marché, où il est besoin de participer au "progrès" par un consumérisme aveugle. Le citoyen pense alors qu'il est normal de toujours plus consommer, d'étendre les limites de ses besoins toujours plus loin, de les rendre indispensable quand bien même ils ne le sont pas. On lui demande de consommer, mais également de produire, de re-consommer, puis de re-produire encore, etc... tout cela dans une logique absurde visant à lui faire croire que le bonheur se résumerait à la place qu'il occupe dans la chaîne perpétuelle de cette société de consommation. Tel est le cycle infernal auquel il est tenu, et dans lequel surtout, il lui est demandé de ne pas réfléchir mais de surtout se taire et d'entretenir ce qu'il convient d'appeller la société capitaliste.

 

Il est coutume de parler de Produit Intérieur Brut (PIB), pour désigner le taux de croissance lié au développement d'un pays. Celui-ci se base sur les moyens mis en oeuvre pour produire industriellement ce dont sa population a besoin, mais qui au lieu d'utiliser le résultat de ses productions pour oeuvrer à son épanouissement et ainsi lui procurer d'avantage de temps libre pour l'emmener à s'ouvrir à la Culture, aux plaisirs simples de la Vie, au Monde et à lui-même, encourage le peuple à n'être réduit qu'à une simple marchandise destinée à produire et à consommer pour le seul intérêt du "progrès" que l'on dit abusément "humain"... Et la conscience dans tout ça ?!

 

Que propose le Front de Gauche ?

 

Sortir immédiatement de cette logique productiviste qui est le coeur même du modèle capitaliste, dont on sait aujourd'hui qu'il est le responsable des inégalités sociales au sein des peuples, dans le développement même de la société à laquelle il participe. Nous devons cesser de tout marchandiser et remettre "l'Humain" sur le devant de la scène. Ré-orienter nos productions de manière à faire en sorte que cela puisse contribuer au bonheur de chacun, et en cela, participer à une ré-industrialisation du pays avec comme ligne d'horizon une durabilité consciente des enjeux qui sont les nôtres. Il est ainsi nécessaire de mettre en place, sans tarder, une Plannification Ecologique, afin de cesser de produire n'importe quoi, n'importe où et n'importe comment...

 

La lutte contre la précarité est essentielle si nous voulons instaurer un climat serein et humainement vivable. Comment peut-on faire des projets d'avenir, si l'on ne raisonne qu'avec le court-terme ? Comment peut-on immaginer un monde meilleur pour nos enfants à venir, si les ressources utilisées viennent à manquer à force d'y puiser sans relache et sans aucune démarche écologique ? Un autre modèle est à construire dans le développement durable et il est nécessaire de ré-orienter nos besoins en fonction de ce qui est véritablement essentiel. Dans l'agriculture, l'industrie, le commerce et bien d'autres domaines encore, il est besoin d'oeuvrer pour préserver les petits bonheurs simples de la vie, et pour cela, remplaçons le Produit Intérieur Brut (PIB) par le BIB : le Bonheur Intérieur Brut !

 

Cyprien J.

 

 

Dessin "Bonheur Intérieur Brut" par Lardon : http://lardon.wordpress.com