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Suppression du système de notation à l'école

16/11/2012 07:00

 

Quel est le constat ?

 

Alors que l'école doit, par définition, baser sa pédagogie sur un enseignement progressif visant à donner confiance en l'élève et en ses capacités afin de pouvoir l'emmener peu à peu vers l'autonomie, il en est pourtant tout autrement de nos jours.

 

L'école est devenue un lieu d'évaluation permanente par un système de note arbitraires et élitistes, créditant le système sélectif de la mise en concurrence des uns contre les autres, à l'instar d'une entreprise qui n'aurait pour objectif qu'être rentable dans une production toujours plus prolixe. La rentabilité est dès lors enseignée dès le plus jeune âge, où les élèves sont pressés d'être productifs, efficaces, rapides, et cela dans l'objectif même de se surpasser pour satisfaire l'exigence d'être meilleur que son voisin de table... Sélection absurde ne laissant de chance qu'à une certaine portion d'élèves, les plus doués, et laissant de côté ceux qui ne peuvent supporter le stress et l'angoisse, engendrés par un système de notation et de classement obsessionnel.

 

L'aptitude de l'élève à apprendre et l'investissement dans son travail dépend du degré de motivation qui est le sien proportionnellement à la prise de confiance en lui, qu'il s'agit d'entretenir tout au long de son cycle d'apprentissage. Ainsi, faire pression sur l'élève continuellement réduit considérablement ses chances de réussir en ses études et le conduit très souvent à l'échec. Or, c'est précisément l'inverse qui est rétorqué généralement, considérant dès lors que l'élève a besoin très tôt de se placer en compétition avec les autres mais aussi avec lui-même afin, dit-on avec humour, de se "dépasser" pour "exceller" dans l'art de "réussir sa vie".

 

Réalité bien dure, lorsqu'on constate qu'il résulte de cette manière de procéder, un taux élevé d'abstentionnistes pris par l'angoisse de se voir évaluer, un dégoût des études suivi d'un rejet systématique, une stigmatisation des élèves qui se voient alors enfermés dans des "catégories" rigides et contre-productives, un dénigrement total dans les capacités réelles d'apprentissage, l'exclusion honteuse due à la sélection opérée, une démotivation flagrante, une peur de ne pas y arriver tout autant que celle de se faire réprimander en cas d'échec (et donc peur de l'échec également), redoublements de classes, souffrances psychologiques...

 

Que propose le Front de Gauche ?

 

L'élève a besoin, avant tout, de s'épanouir dans le milieu scolaire afin de retrouver confiance en lui et ainsi se sentir capable d'avançer dans l'apprentissage de manière progressive et constructive. Pour cela, il est besoin de lui faire retrouver la motivation pour les études, lui redonner le goût d'apprendre, d'être autonome et responsable, tout autant que le guider vers la connaissance de lui-même. Il a besoin de perçevoir les limites de sa propension à exister, en s'appuyant continuellement sur sa capacité à remettre en question ses acquis mais également en développant ses facultés intellectuelles de sorte qu'elles ne résultent que d'une libre maturation intime et personnelle de ses capacités subjectives.

 

Il s'agit de considérer que chaque élève progresse en un rythme qui lui est propre et qu'il est absurde de vouloir accélerer les méthodes d'apprentissage pour espérer une meilleure "efficacité". C'est d'ailleurs bien souvent l'inverse qui se produit, même s'il est vrai que quelques-uns seulement relèvent le défi au dépend de leurs camarades. En cette logique, le cadre sélectif de la mise en compétition, favoriserait donc les plus doués et rejèterait les autres. Comme système de sociabilisation et d'égalité entres individus, il y a mieux... Mais après tout, n'est-ce pas là le reflet pur et simple de notre société capitaliste au modèle libéral ?

 

Supprimons donc le système de notation qui empêche les élèves de grandir sereinement avec l'estime de soi. La réussite à l'école est aussi un facteur de réussite dans le milieu social, les deux sont liés comme nous venons de le voir. Il y a donc tout intérêt à préserver une pédagogie basée sur une évaluation positive de l'encouragement. L'élève peut ne pas comprendre mais s'il est encouragé positivement à perséverer, il prendra confiance en lui et donnera le meilleur de lui-même. Nous ne pouvons forçer l'apprentissage car celui-ci est tributaire du degré de maturation de l'apprenti qui avance à son rythme et selon ses propres capacités d'intégration. Et comme le dit si justement le diction populaire, "il faut apprendre à marcher avant de vouloir courir"...

 

Cyprien J.

 

 

Dessin Deligne : http://deligne.over-blog.com