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Tunisie : Chokri Belaïd, tu vis dans nos coeurs !

10/02/2013 07:00

 

"Ce matin (mercredi 6 février 2013), une main lâche a froidement abattu le grand militant démocrate tunisien Chokri Belaïd, secrétaire général du Front Populaire, de quatre balles alors qu'il se rendait à son cabinet d'avocat . Ce que les assassins ont voulu faire taire c'est son courage et son franc-parler. Chokri n'a jamais eu peur ni des dictateurs (Bourguiba et Ben Ali), ni de leurs sbires, ni des forces obscurantistes qui veulent, aujourd'hui, confisquer et tuer dans l'oeuf la révolution tunisienne! Il se démarquait par la force de ses arguments et sa très grande éloquence non pas d'avocat seulement mais celle aussi de la vérité généreuse et de la lumière: les deux valeurs qui ont toujours animé son militantisme. Les infâmes qui ont voulu le réduire au silence, ont pour dessein d'assassiner la révolution tunisienne. Sois sûr, cher Chokri, ils n'y parviendront jamais! Je t'offre ce poème qui représente le rêve qui nous a toujours animés."

 

La Commune rêvée :

 

"Ce commun des immortels que vous persécutez.

Ce commun des immortels que vous emprisonnez.

 

Ce commun des immortelles que vous prostituez.

Ce commun des immortels que vous paralysez.

 

Ce commun des immortels que vous méprisez.

Ces communes que vous ensanglantez.

 

Tous ces communs que vous assoiffez,

Ce commun du grand rien que vous torturez.

 

Ce commun de nos immortelles enfances,

Ces communs soudés comme un,

 

Comme un clavier tonnant de vocalités vierges.

Ce commun des rues que vous torpillez,

 

Ce commun nu comme la beauté.

Ce commun que vous craignez.

 

Ce commun, cette commune qui fleurit à nos pieds.

Ce commun, cette commune que vous tuez.

 

Ce commun, cette commune qui vous font trembler.

 

Ce comme un, ce comme mille que vous encagez, que vous écrasez.

C’est comme un printemps qui fleurit dans nos têtes.

 

C’est comme une chanson qui se dit dans nos veines.

C’est comme un firmament qui se déplie sur nos ailes.

 

C’est comme un astre qui s’empourpre de nos aquarelles.

C’est comme un poème qui se chante dans la rue.

 

C’est comme une chanson qui s’allume dans mon oubli.

C’est comme une montagne qui refleurit nos coeurs bouquets,

 

Loin de vos banquets de guêpiers,

Loin de vos banques de négriers.

 

C’est comme un bateau qui revient en juillet.

C’est comme un poisson qui plane au-dessus de nos cerisiers."

 

 

Texte et poème de Mokhtar El Amaraoui : http://mokhtarives.blogspot.fr/2013/02/chokri-belaid-tu-vis-dans-nos-coeurs.html